2-Convoyage sur 4 roues de camionnette.

Maintenant, il faut ramener la bête dans le jardin, à une quinzaine de kilomètres de là…. Ah oui !, c’est la cerise sur le gâteau, nous sommes à moins de 25 minutes de chez nous. C’est un comble lorsque je pense que lors de mes investigations sur internet, les quelques bateaux que j’avais sélectionnés étaient pour certains en Angleterre, en Irlande, dans des pays du nord, en Espagne ou en Italie. Il faut dire que j’étais plutôt à la recherche d’un croiseur rapide de 31 à 35 pieds des années 80 et pas du tout d’un bateau en bois à rénover des années 60.

A notre interrogation angoissée au vue de l’état de la remorque, et de la manière de rapatrier le bateau chez nous, notre hôte, avec un grand sourire, nous propose de le tracter lui-même avec un gros 4x4.

D’accord, merci, mais… La remorque va-t-elle accepter de sortir du hangar sans se désagréger ?... .. Et les roues vont-elles rester solidaires de la rouille ? … Et les freins !…. Ah oui, les freins, y’en a plus, le câble est carrément coupé et je ne vous parle pas de la carte grise bien sûr ! … y’en n’a pas !

  15 jours plus tard, à l’heure où les poules et les poulets sont couchés…la vieille remorque, qui a toujours la bonne pression dans ses quatre pneus, parcourt les 15 kilomètres qui séparent le hangar de notre jardin.

Il a fière allure ce Challenger de 1965 hors de son cocon de tôle. Il aura fallu que la météo soit clémente pour le faire sortir de sa retraite, et en ce mois d’août 2011, ce n’est pas évident. Cela fait plus de 5 années que le bateau est parfaitement protégé, dans un endroit ventilé et le bois est parfaitement sec, pas une trace d’humidité.

 

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 Chez nous, pas de hangar et un garage trop petit pour accueillir le bateau. Il faut s’organiser vite, il ne faut pas que le bois se mouille. Une grande surface de bricolage bien connue propose un genre  de tente de mariage de 8m de long sur 4 m de large pour deux cent soixante euros. C’est sûrement pas de la grande qualité, mais ça fera l’affaire le temps de s’organiser.

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Le bateau, la remorque et les accessoires entrent doucement dans la tente blanche aux fenêtres de plastique. Pour un peu, il ne manque que le champagne et les petits-fours.

C’est juste, mais ça passe. Et voilà, il est chez nous, juste en face des fenêtres du salon. Position provisoire pour la fin de l’été, le temps d’organiser un « chantier » plus protégé dans un coin du jardin.

 

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Pendant 1 mois, c’est le défilé. Enfants,  copains et voisins  viennent admirer la bête avec, pour certains, une moue dubitative quant à notre capacité à arriver au terme du chantier et pour d’autres, un brin d’admiration… quand même !

Certains, coureurs invétérés, font des propositions pour totalement refondre le bateau et en refaire une bête de course…. La carène à un vrai potentiel et l’allégeance d’âge offre un rating prometteur, alors, en coupant par çi et par là un peu de bois,  avec une quille et  un gréement modernes, ce vénérable voilier peu faire parler la poudre … Mais ce n’est pas totalement notre but, surtout à l’heure ou nous ne savons vraiment par quel bout commencer.

A ce moment du récit, une petite précision s’impose. Si j’ai quelques compétences en matière nautique, que je navigue depuis l’âge de 5 ans  et que mon métier m’a fait pas mal naviguer, je ne suis pas un grand bricoleur. Je ne suis pas, et de loin, le roi du mi-bois, de la queue d’aronde,  ou des mélanges composites. La rénovation de ce Challenger de 1965 est quand même pour moi un défi de dingue.

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